Sciences & Technologies -
AINSI DISPARAIT LE DERNIER HOMME LIBRE

Le danger n'est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre d'hommes habitués à ne désirer que ce que les machines peuvent donner

                                                                       Georges Bernanos


Il apparaît, et de loin, que la dernière révolution dans la vie de l'homme occidental fut l'émergence des nouvelles technologies et du réseau global, qu'il passe par internet ou les téléphones portables.

On a souvent (et bien mieux que moi, qui reste malgré tout profane en la matière) encensé ou au contraire diabolisé ce bouleversement profond et soudain de nos mœurs sociales au travers de ce prisme de puces électroniques, de 4G et autres Facebook…

Or, et si cette dernière révolution était bel et bien à prendre au sens littéral ?
La der des der, celle qui annonce à la fois l'apogée et la fin de l'humanité, ou en tout cas d'une certaine idée de l'humanité, qui deviendrait désormais obsolète devant le système qu'elle a engendré ?

Evidemment, cher lecteur, vous devez sans doute penser que le matin au petit-déjeuner, je mange des céréales "Terminator" dans un bol de "Matrix".

Mais non, si je devais choisir une référence geek pour illustrer mon propos, ce serait "Ghost in the Shell", et plus précisément la notion de "stand alone complex" développée par cette série.
Ou comment par le biais des nouvelles technologies de communication, des individus épars se retrouvent à œuvrer dans un but commun, sans pour autant avoir conscience les uns des autres : une génération spontanée d'idéologie qui se suffit à elle-même ! Un système neuronal virtuel capable d'influer sur son contexte sans le besoin de l'appui physique d'un corps (ou dans ce cas précis, d'une conscience individuelle humaine).

Car c'est bien là que se situe à mon sens la vraie révolution : ce serait bien la première fois qu'on assisterait dans l'histoire de l'Homme à l'émergence d'un système indépendant capable de remettre en cause sa suprématie en tant qu'espèce.
Or, quel intérêt pour un système de rester assujetti à une contrainte (nous !) qui ne lui est plus nécessaire, quand il pourrait au contraire s'en affranchir pour évoluer ?

Connaîtrons-nous vraiment un jour ce phénomène ?
Car si le Système est aujourd'hui capable de s'affranchir de l'Homme, alors l'Homme pourrait-il s'affranchir de lui-même à travers ce système ?

Deviendrons-nous un jour tous des ghosts ?

Pourrons-nous alors enfin être heureux ?

 

04/2016 - A.G