Dans le paysage vidéoludique actuel, le splendide "Child of light" fait figure de cas à part, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, les circonstances de sa conception sont assez intrigantes : "Child of Light" a tout d'un "petit" jeu indépendant, mais il est pourtant produit par un énorme studio.
En effet, c'est le géant Ubisoft qui a financé le jeu, par le biais d'une équipe limitée (tant par le nombre que par le budget) et dans un état d'esprit très libre et relativement éloigné des carcans commerciaux et stéréotypés des gros studios.

Pour rappel, Ubisoft est plus habitué aux grosses machines de type "Watch Dogs" "Far Cry" ou surtout "Assassin's Creed" (à mon sens une des séries de jeux les plus surestimées : un premier épisode novateur et des suites ultrabuggées au gameplay chiant comme la mort), et il est donc surprenant de voir sortir de leur giron un jeu comme "Child of Light" (même si, par honnêteté, on admettra que tout n'est pas mauvais chez Ubisoft, à l'image d'un "Rayman Legends" ou de "Beyond Good and Evil").
   


"Child of Light" profite donc assurément de la stabilité de son producteur, tout en se permettant de conserver une vision artistique et créative plus proche de "jeux d'auteur" comme "Limbo" ou encore "Journey".
Ne nous y trompons pas, c'est bien sûr une volonté assumée de la part d'Ubisoft d'occuper aussi une part de ce créneau, mais dans la mesure où la démarche se fait en toute intégrité et en proposant un produit final aussi réussi, on ne crachera pas dans la soupe.
De même, le jeu peut également exploiter le moteur maison d'Ubisoft (l'UbiArt Framework, déjà utilisé sur Rayman) qui fait vraiment des merveilles quand il est bien géré par les développeurs.

Ainsi, si globalement "Child of Light" reprend les mécanismes de base d'un jeu de rôle 2D classique (exploration + combat + évolution des héros), il le fait dans un cadre absolument enchanteur et véritablement magnifique.
Le joueur suivra donc l'histoire d'Aurora, fillette perdue dans un monde inconnu et qui devra trouver la force en elle d'affronter la mauvaise Reine de la Nuit pour rejoindre son univers d'origine. En chemin Aurora rencontrera les habituels alliés à enrôler et des épreuves à surmonter, le déroulement du jeu reprenant une structure narrative de quête initiatique dans toute sa splendeur.

Ce certain classicisme ne signifie pas pour autant que l'on s'ennuie, loin de là, et permet même une approche empreinte de merveilleux et de poésie (les personnages s'expriment en vers !) qui ravira petits et grands, même si les plus jeunes seront sans doute plus à l'aise pour appréhender le jeu avec un parent ; tout est d'ailleurs prévu pour cela, l'ensemble de l'aventure pouvant se jouer en coopération.

Cet univers de contes de fées transpire jusque dans l'imagerie du jeu, et encore une fois grâce à la puissance du moteur UbiArt.
La qualité visuelle de l'ensemble est d'une beauté assez impressionnante, à la fois dans sa direction artistique et dans les animations. On a vraiment l'impression de se retrouver devant un livre illustré qui aurait pris vie sous nos yeux, et dont on contrôlerait le déroulement de l'histoire.
Pour preuve, les images qui illustrent cette critique ne sont pas des concept-arts, mais bien des écrans tirés directement du jeu : des aquarelles qui bougent, virevoltent, vivent !

   


Pour parachever une telle réussite, il fallait bien un environnement sonore au diapason.
C'est le cas, et la cerise sur le gâteau est à aller chercher du côté des musiques.
Sobre mais envoutant, l'enrobage musical du jeu, tout au piano, est une petite perle qui vient encore ajouter à l'impression de beauté qui ressort du jeu.
Il est évident que la compositrice, Béatrice Martin, a su s'imprégner de l'esprit du jeu et travailler en harmonie avec la vision des développeurs.
Mais il est vrai qu'on la connait un peu mieux sous son nom de scène, une certaine... Coeur de Pirate !
Et même si je ne suis pas friand de ses chansons en général, reconnaissons que son thème principal pour le jeu est vraiment très réussi.

Tout est donc rassemblé pour faire de "Child of Light" un jeu à recommander, à faire et refaire, qui touchera ceux qui savent encore parler à l'enfant en eux.

Et qui sait, peut-être ce jeu permettra-t-il aux autres de le retrouver…




CHILD OF LIGHT
Une production Ubisoft Montréal
sur PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One

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