Anecdote : il y a quelques temps, lors d'une discussion avec une amie "non-gameuse", celle-ci me dit qu'elle a eu l'occasion de jouer à un gros succés du genre, et sa réaction fut : "Wow, je ne pensais pas que le jeu vidéo, ça pouvait être ça !"
Elle venait de tester le premier chapitre de "The last of us".


Expérience vidéoludique bouleversante, "The last of us" restera le dernier chef-d'œuvre de la Playstation 3, parfaite synthèse de toutes les qualités de sa ludothèque.

Sur le papier, l'histoire du jeu pourrait fortement faire penser à un spin-off de "The walking Dead" ou "28 jours plus tard": plusieurs années après l'effondrement de la société suite à l'infection d'une partie de la population par un virus plongeant ses victimes dans une rage meurtrière, le vétéran Joel doit escorter jusqu'à une base scientifique Elie, une ado qui semble immunisée à la maladie qui a ravagé le monde.
Mais les fêlures de Joel, qui a lui-même perdu sa fille au début de l'épidémie, risquent de compromettre le bon déroulement de sa mission, les liens qu'il tisse avec la jeune fille obscurcissant son jugement dans un monde où la moindre faiblesse peut être fatale.
   


Incarnant Joel, le joueur se voit donc embarqué dans un road-movie (ou road-game ?) à travers une Amérique dévastée et où le seul espoir réside en la personne qu'il doit protéger au péril de sa vie.
Car inutile de préciser que si Elie représente pour Joel autant que pour l'humanité la dernière chance de rédemption, elle n'en est pas moins une simple gamine que rien n'a préparé à l'épreuve qui les attend.

Flamboyant, déroutant, spectaculaire (la mise en scène frôle le génie et certaines images sont sublimes), "The last of us" est surtout une histoire de survie.

Physique, tout d'abord, car plaçant le joueur dans un environnement familier mais constamment hostile, où chaque porte, chaque route, chaque rencontre peut faire basculer les choses jusqu'au point de non-retour.
Mais morale, aussi et même surtout, car le jeu soulève des questions éthiques et existentielles qui ne laisseront pas le joueur indemne : la survie justifie-t-elle tout abandon des règles sociales, des liens émotionnels et affectifs, du rapport à l'autre ?

Ainsi, si on se doute que le bourru Joel s'adoucira peu à peu au contact de sa protégée, il est plus surprenant de voir que "l'innocente" Elie suivra le chemin inverse, chaque jour avec son protecteur la rendant plus dure et détachée : les deux personnages incarnent ainsi les deux faces d'une même pièce.
La question finale étant de savoir de quel côté celle-ci tombera quand arrivera la fin de la quête et le douloureux atterrissage…

C'est en ce sens que "The last of us" peut représenter l'aboutissement de la génération PS3 : au-delà de la démonstration technique (bien réelle), ce sont bien les termes d'immersion, de profondeur, de jeu d'acteur ou encore de narration qui sont à mettre en avant, sans doute comme jamais auparavant (malgré quelques exceptions de type "Ico" ou "MGS" sur les générations précédentes).
D'ailleurs, ce n'est sans doute pas sans raison que l'un des plus gros succès sur la nouvelle PS4 est… le portage remastérisé de "The last of us" !



Je conclurai sur une note plus personnelle : au-delà de toutes les attaques et les polémiques, je persiste à penser qu'un média capable de produire des œuvres (oui, des œuvres, comme en Art !) de la trempe de "The last of us" mérite largement d'être défendu.
Se contenter des reportages du JT de TF1 sur "GTA5" pour diaboliser le jeu vidéo, laissons cela aux esprits étriqués (ou aux parents pour qui il est plus facile de dire que "tous les jeux sont dangereux" plutôt que d'éduquer leurs enfants à la culture vidéoludique).
Essayez donc "The last of us", "Journey", "Mass Effect", "Heavy Rain" ou "Child of Light", vous verrez alors que tout un monde vous attend.

Et même plusieurs, d'ailleurs





THE LAST OF US
Une production Naughty Dog
sur PS3, PS4

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