Edito -
PARFOIS IL NEIGE EN AVRIL...

L'édito que vous allez lire n'est pas celui qui était initialement prévu : à l'origine, il s'agissait d'un texte bien plus générique, une simple présentation du site.

Et Prince est mort.

J'ai déjà créé et mis en ligne bien des sites personnels, mais jamais dans de telles circonstances, jamais dans un tel état d'esprit : car je célèbre une "naissance" en état de deuil, fut-il culturel.

Prince, je l'admettrai sans honte, était (et restera) mon idole. Mon héros.
Un artiste complet, dont le génie musical n'a eu d'égal que son refus des compromis et son obstination à toujours poursuivre ses objectifs en faisant fi des obstacles qui lui barraient la route, quitte à se rendre impopulaire, voire passer pour un fou.

Dans ma vie, c'est aussi par lui que s'est construite toute ma culture musicale.
En bon fan de comics, c'est bien sûr la kitschissime "Batdance" qui m'a mis la puce à l'oreille, en 1989 -j'avais 11 ans.
L'album "Diamonds and Pearls" fut le tout premier CD que j'achetai, suivi par le reste de ses disques, me faisant ainsi découvrir la richesse et la folie de ses productions plus anciennes.
Le tour était joué, j'étais devenu accro.
Et c'est ainsi que j'ai construit tout mon univers musical : à travers le prisme d'un artiste unique, qui m'a paradoxalement ouvert les yeux sur les "autres" musiques, comme le hip-hop, la techno, le rock ou la soul.
Car si Prince faisait du Prince, il le faisait à la fois en brassant les influences passées, mais aussi en défrichant les tendances à venir, avec une curiosité intellectuelle et un sens critique complètement hors-normes.
Sans oublier des prestations scéniques mémorables et un refus du politiquement correct qui ajoutèrent à sa légende.

Ainsi, dans ma construction en tant qu'individu, je reconnais honnêtement (mais sans cruauté aucune) que deux hommes, deux "mentors", ont eu sur moi une influence aussi importante -si ce n'est plus- que mon propre père : Noam Chomsky… et Prince.

Je ne pouvais donc décemment pas lancer ce site sans lui rendre un dernier hommage bien mérité.

Le monde continuera de tourner, mais sans doute d'une façon bien moins funky…

 

04/2016 - A.G